Seul comme toujours, car je n'ai besoin de personne, je déambulais dans un quartier choisi par la pauvreté pour y installer une succursale. J'y étais sans but précis... si ce n'était que de trouver un maudit pot de pickel polonais de marque Swatikowsky, format 1,2 litre à la saumure aux notes de caviar d'esturgeon du lac Baïkal.
Il faisait chaud. Humide. Lourd. Le Viet-Nam. Arrosé d'une généreuse couche de napalm. Préalablement bouilli. En enfer. L'été.
Plongé dans le plaisir de suer en abondance, je n'avais pas remarqué le buffet à volonté de calme autour de moi. Trop calme. Comme si quelque chose d'impossible, d'insensé et d'absurde se produisait en ce moment même. Mon imagination m'indiquait que je me trouvais dans un western urbain néosergioléonesque. Ma raison m'implorait de prendre une douche. Mes émotions souffraient de narcolespsie sévère, donc je n'ai pas eu de nouvelle d'elles depuis une banale histoire de service à la clientèle d'une compagnie de cellulaire. Puis, je l'ai senti. Je reniflais sa présence tout près de moi. J'entendais le silence y être aspiré en son sein. Un seul sein. Coincé en mode vacuum.
Le pas-de-son venait d'une porte sans boite aux lettres, adresse, poignée ni embrasure ou seuil. En fait, c'était un mur. Ce mur m'attirait comme le ferais un trou noir. Mais ce trou n'était pas noir. Ni blanc, turquoise ou carotté d'ailleurs. Je ne le voyais pas. Il était si puissant qu'il a aspiré sa propre couleur et au passage, son existence. Mais il m'attirait et je m'en approchais sans savoir pourquoi.
Puis j'ai saisit. Le terrain était en pente et j'avais toujours mes patins à roulettes. Je m'approchais d'un impact avec le néant à une vitesse fatale pour n'importe quel lilliputien à la constitution frêle. D'un agile mouvement de chevilles, j'ai stoppé ma progression. Mais mon instinct me disais la bouche pleine que je devais savoir ce qui se trouve au fond de ce trou inexistant. Après qu'il ait avalé sa bouchée, j'ai compris en fait que je me devais de détruire cette chose inerte, inodore, incolore et incompatible avec Windows Vista pour protéger la planète de disparaître à travers elle.
Prenant mon courage à deux mains, mes pieds étant plutôt occupés à ce moment, j'ai pris un élan dont un élan serait fier et j'ai foncé tête première dans l'inconnu sans regarder le drame qui allait se dérouler devant moi.
Quand je me suis réveillé, le sac de soluté, un mal de tête intense et cette impression d'en avoir perdu un bon bout m'ont confirmés la violence du combat qui avait eu lieu. Ne voyant plus le trou ne pas exister dans les environs, j'ai su que je venais de sauver le monde d'une fin plus ridicule que la conclusion du film "Ma fille, mon ange".
31/07/2009
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