Seul comme toujours — car de toute façon, naturellement, nous naissons ainsi, et cela inclus les jumeaux, car ils viennent un en arrière de l’autre et non les deux en même temps, donc des êtres solitaires est ce que la nature a fait de nous au départ – je déambulais dans un élevage de mouette, qu’on nomme aussi dépotoir. Je voulais au départ louer un film, un obscur film de répertoire en noir et vert avec une actrice blonde au nom alliant métropole française et hospitalité coûteuse, mais j’ai décidé de me promener un peu pour passer le temps, vu que le vidéoclub n’ouvrait que dans trois mois.
Donc, me frayant un chemin entre des sceaux de poulet frit, des revues trop intéressantes pour être lu ailleurs que chez le dentiste et des vestiges d’une civilisation disparue obsédée par un nombre, car toutes les traces qui en subsistent, c.-à-d. chapeaux de fêtes, flutes, diadèmes cheaps et verres de plastique sont décorés du chiffre 2000, j’ai soudainement été témoin d’une histoire de misère, le genre dont les médias refusent obstinément de parler.
Là, devant moi, dans un pneu remplit de suremballage douillet dont je découvrais l’utilité à l’instant, un groupe de boites de conserves dans le besoin, le ventre gonflé par des gaz, l’hygiène cachée sous une couche de rouille, l’air nostalgique des jours glorieux du passé, sur une tablette de supermarché, la canne remplit de rêve, de désirs, d’envie. À ce moment, je comprenais l’étendue de l’injustice de cette société, quand même des conserves dans la force de la date d’expiration ne trouvent plus d’assiette à garnir.
J’étais au bord des larmes quand soudain, une horde de spartiates malodorants, barbus et édentés, tous dans des costumes qui ne matchaient pas ensemble, se jetèrent comme des barbares affamés sur les conserves. Caché derrière ce qui fut autrefois un char de l’année, j’observais ces indigènes précolombiens les décapiter et vider leurs entrailles à l’aide de lames émoussées, et ce, sans procès équitable.
La violence de la scène, l’inégalité du combat et le dégoût pour la vie de ces indignes descendants d’Attila le Hun me mirent en rogne. De mes mains, j’ai arraché la porte côté passager et j’ai foncé défendre les plus démunis. D’un coup dans les gencives, j’ai coupé la faim du premier. En me retournant, je fis comprendre aux autres que la dignité avait le droit de citer sur cette terre. Mon regard rageur injecté de sang fit déguerpir le reste de la bande. Je suis ensuite foncé à l’hôpital faire checker ça.
02/08/2009
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