Seul comme toujours ( non, la madame obèse en legging fleuri, celle qui a l’air du Jardin botanique avec un t-shirt de Platinum Blonde, n’est pas avec moi) j’attendais dans l’entrée d’un centre de ravitaillement pour estomac en crise qu’une jeune employée démotivée au sourire qui ferait la fortune d’un récupérateur de métal me démontre l’intérêt que son poste d’hôtesse exige.
-Vous êtes une personne ?
- Ah désolé.
J’ai enlevé mon masque de Chewbacca.
-Oui.
- Voulez-vous une banquette ?
-Non, je veux manger.
- Oui, mais sur une banquette ?
- Quoi, vous avez pas de table ?
- Laissez faire. Venez avec moi.
J’ai suivi l’air bête de 16 ans, qui m’a désigné une table dont les assiettes étaient sales et remplies de napkins tachées et d’os dont la viande avait été rongée. Il restait encore des frites et un morceau de poulet froid. Autour de moi, il n’y avait pas âme qui vive. Je me croyais dans une salle d’essayage de set de cuisine. Rapidement, on m’a apporté un verre d’eau que je n’avais pas commandé et un menu que je n’avais pas demandé. Puis, un jeune homme dont l’épaisseur de ses semelles n’avait d’égal que celle de ses lunettes a essayé de me voler mon assiette. Vif comme l’éclair, je lui ai fait une clé de bars qui l’a cloué au sol.
-Quesse tu fais là toi ?
- Ben je vous libère la place, a-t-il gémi.
- Pourquoi ?
- Ben pour que vous puissiez manger.
- J’y serais arrivé si t’étais pas venu me déranger!
- Ben vous pouvez pas manger ça ! Faut que vous commandiez quelque chose, sinon vous pouvez pas rester ici.
- C’est écrit où ça ?
- Nulle part, c’est ça le concept de restaurant.
- C’est antidémocratique. J’ai pas voté pour ça.
- Personne ne l’a fait, monsieur.
- En plus ! Et vous acceptez ça ?
- J’ai pas le choix, sinon je vais avoir des gros problèmes.
À ce moment, trois personnes m’ont pris à parti et j’ai dû desserrer mon emprise. On ne m’a pas laissé le temps de me défendre que j’étais condamné à sortir des lieux. Le dictateur des lieux m’a banni sur le champ et m’a mis à la porte sans plus de cérémonie. Pas d’avocat, pas de procès, juste une décision unilatérale condamnable devant la cour suprême.
Je n’allais pas me laisser faire. J’avais un plan. Dès ma carcasse sortie de ce microcosme de totalitarisme alimentaire, je me suis dirigé vers l’arrière. Caché derrière une voiture, j’ai attendu ma proie, ce pion lobotomisé qui m’a dérangé en plein repas. Après 20 minutes, il a apparu à la porte arrière, un sac vert dans la main. Je lui ai sauté dessus, l’ai assommé et prix mon butin. Ce n’est pas un esclave sans envergure d’une junte toute puissante qui va m’empêcher de faire respecter mon droit de manger.
17/09/2009
09/09/2009
Ça reste dans la famille
Seul comme toujours, vous voyez ce que ça donne être deux à « 2 filles le matin »! je déambulais sur le chemin me menant à un enclos pour progéniture de parents occupés. Je devais aller chercher le rejeton de ma sœur monoparentale, seul héritier d’une dette de 75000 piasses. Quand j’ai franchi la porte du CPE, centre pour population enfantine, du nom de « CPE les joyeux pirates », je m’attendais à voir une gang de kids saouls mort autour d’un coffre au trésor, mais je me trompais. C’étais pire.
Tout d’abord, j’ai été accueilli par une fillette qui braillait parce que son ami voulait pas jouer avec elle. Taboère, va trouver la vie va être dure si elle braille déjà pour ça. Puis une femme au sourire qui devait réfléchir dans le noir m’a accosté avec une bonne humeur agressante comme celle d’un DJ de bar de danseuses.
-Bonjour! Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- Ben j’aurais un mur à refaire, mais j’pas sûr que vous êtes qualifié pour ça. Je viens chercher Célestin.
Ma sœur est hypocondriaque. Elle a donc donné à son fils un nom de médicament.
- Le p’tit Célestin Caron. C’est un bel enfant que vous avez.
- C’est pas à moi. Je rends service à ma sœur qui est à l’hôpital parce qu’elle croit avoir le syndrome de Stendahl. (définition ici)
- Ah, c’est grave ça ?
- Non, c’est comme une overdose de musée. Il est où Célestin ?
- Il est dans la cour. Venez avec moi.
J’ai traversé un couloir rempli d’avertissement de gastro, d’interdiction d’apporter des noix due aux allergies, de sensibilisation à la propreté pour ne pas propager de virus. C’était très angoissant. Je me serais senti plus en sécurité sur un champ de mines en Irak pendant un bombardement. Le cuisinier portait d’ailleurs un filet sur la tête parce qu’il devait avoir peur que ses cheveux partent en courant.
Dans la cour, j’ai cherché du regard un enfant avec un casque de hockey greffé sur son crâne et relié par GPS à un satellite. Ma sœur est du genre à prévoir le pire. Quand il m’a vu, il a fait pipi par terre et s’est mis en boule. Il se rappelait probablement de la fois où, en plein centre d’achat, j’ai arraché le cœur du Père Noël dans sa face pour lui prouvé qu’il en avait un grand. Ç’a comme créé un petit malaise entre nous deux.
-Viens Célestin, lui dis-je gentiment. On va aller chez moi en attendant que ta mère revienne.
Là, il s’est mis à hurler, probablement à cause de la fois à Paques où, pour le surprendre, je me suis déguisé en Zombie avec une fausse hache de plantée dans la tête. Je mêle un peu les fêtes voyez-vous.
L’éducatrice m’a regardé en riant. Un enfant hurle au meurtre et elle rit. J’avais envie de prouver aux enfants qu’elle n’avait pas de cœur, mais j’étais un peu en retard.
-Ah, il doit être fatigué.
Peut-être en effet. Pour l’aider à dormir, je lui ai fait la prise du sommeil. Y pourra pas dire que j’essaie pas de retisser les liens entre nous!
Tout d’abord, j’ai été accueilli par une fillette qui braillait parce que son ami voulait pas jouer avec elle. Taboère, va trouver la vie va être dure si elle braille déjà pour ça. Puis une femme au sourire qui devait réfléchir dans le noir m’a accosté avec une bonne humeur agressante comme celle d’un DJ de bar de danseuses.
-Bonjour! Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- Ben j’aurais un mur à refaire, mais j’pas sûr que vous êtes qualifié pour ça. Je viens chercher Célestin.
Ma sœur est hypocondriaque. Elle a donc donné à son fils un nom de médicament.
- Le p’tit Célestin Caron. C’est un bel enfant que vous avez.
- C’est pas à moi. Je rends service à ma sœur qui est à l’hôpital parce qu’elle croit avoir le syndrome de Stendahl. (définition ici)
- Ah, c’est grave ça ?
- Non, c’est comme une overdose de musée. Il est où Célestin ?
- Il est dans la cour. Venez avec moi.
J’ai traversé un couloir rempli d’avertissement de gastro, d’interdiction d’apporter des noix due aux allergies, de sensibilisation à la propreté pour ne pas propager de virus. C’était très angoissant. Je me serais senti plus en sécurité sur un champ de mines en Irak pendant un bombardement. Le cuisinier portait d’ailleurs un filet sur la tête parce qu’il devait avoir peur que ses cheveux partent en courant.
Dans la cour, j’ai cherché du regard un enfant avec un casque de hockey greffé sur son crâne et relié par GPS à un satellite. Ma sœur est du genre à prévoir le pire. Quand il m’a vu, il a fait pipi par terre et s’est mis en boule. Il se rappelait probablement de la fois où, en plein centre d’achat, j’ai arraché le cœur du Père Noël dans sa face pour lui prouvé qu’il en avait un grand. Ç’a comme créé un petit malaise entre nous deux.
-Viens Célestin, lui dis-je gentiment. On va aller chez moi en attendant que ta mère revienne.
Là, il s’est mis à hurler, probablement à cause de la fois à Paques où, pour le surprendre, je me suis déguisé en Zombie avec une fausse hache de plantée dans la tête. Je mêle un peu les fêtes voyez-vous.
L’éducatrice m’a regardé en riant. Un enfant hurle au meurtre et elle rit. J’avais envie de prouver aux enfants qu’elle n’avait pas de cœur, mais j’étais un peu en retard.
-Ah, il doit être fatigué.
Peut-être en effet. Pour l’aider à dormir, je lui ai fait la prise du sommeil. Y pourra pas dire que j’essaie pas de retisser les liens entre nous!
04/09/2009
Le destin a une dent comme moi
Seul comme toujours, comme ça j’ai personne pour dire de faire attention à mon dos quand je me ronge les ongles d’orteil, j’attendais avec un contingent de chaises de la même couleur que le tapis en cherchant une revue qui ne date pas du crétacé supérieur qu’un spécialiste du défrichage de gencives me libère un espace très convoité de mon maxillaire inférieur.
Mes dents d’en arrière avaient entendu la rumeur que des semblables autoproclamés sages voulaient s’établir un pied-à-terre au fond de ma caverne nourricière. Furieux, Molaire 1er, le chef de la gang des « Food Crushers from hell », a fait pression sur ses sujets prémolaires pour qu’ils m’envoient un message clair, sous forme d’influx nerveux douloureux, disant que lui et ses sbires émaillés ne tolèreront pas l’établissement de nouveaux arrivants, aussi sages soient-ils.
Après quelques jours de résistance, j’ai dû céder à cette tyrannie buccale et j’ai été chercher du renfort. J’attendais donc, mon numéro à la main, que le jeune en tablier blanc avec une énorme tache de sang sur sa poitrine me témoigne de l’attention.
-Oui, quessé que j’peux faire pour toé ?
- Ben j’ai des dents qui me font souffrir. J’aimerais que vous y jetiez un coup d’oeil.
-Euh, ok, mais je connais pas grand-chose là-dedans.
- Ah, je vois. Vous, c’est plus le nettoyage suivant la visite du patient.
J’ai compris en entrant que c’était une clinique pas très chère, « Meilleur prix en ville » que ça disait dans la vitrine, à côté de l’affiche vantant une marque de salami. Ils employaient probablement des étudiants en stage.
-Y’as-tu quelqu’un qui s’y connait plus que vous ? Où est votre professeur ? J’aimerais ne pas ressembler au mec que vous avez sorti du moulin à viande, voyez-vous.
- C’est du bœuf haché. Le dentiste, c’est la porte à côté.
Je suis sorti de la boucherie, en prenant une livre de jambon venant d’une sombre forêt, et pénétré le commerce adjacent. Cela faisait près de 20 minutes que je fixais le portrait laminé d’un homme au sourire satisfait quand une dame d’une quarantaine d’années est venue me voir.
-Oui, vous avez rendez-vous ?
-Non, mais c’est une urgence, voyez-vous.
- J’vois ça, oui! J’ai un trou de 15 minutes, je peux vous prendre tout de suite.
-Ah, merci infiniment!
Je me suis donc installé sur la chaise. La dame s’est ensuite placée derrière moi et m’a vêtu d’un tablier.
-J’te fais ça comment ?
-Ben, enlève-moi ce qui pousse en arrière.
- Tu veux ça court comment?
-J’veux rien qui dépasse.
Elle a commencé par me mouiller la tête avec un vaporisateur d’eau et a commencé à me couper les cheveux avec ses ciseaux.
-Euh, j’ai vraiment mal aux dents. J’aimerais que vous commenciez par là et vous vous attarderez à ma crinière après.
-Le dentiste, c’est deux portes à côté, chose!
- Ah bon. Désolé donc.
Mais vu qu’elle avait commencé, je l’ai laissé terminer. En soupirant, elle a terminé rapidement son œuvre en me disant que j’avais maintenant un long œil. Bon, un autre problème.
Me voilà donc deux portes à côté et, comme je le disais au début, avec un contingent de chaises de la même couleur que le tapis. Finalement, un homme en sarrau blanc s’est pointé dans la salle.
-Vous avez rendez-vous ?
-Non, mais c’est une urgence.
- Et où est votre animal ?
Mes dents d’en arrière avaient entendu la rumeur que des semblables autoproclamés sages voulaient s’établir un pied-à-terre au fond de ma caverne nourricière. Furieux, Molaire 1er, le chef de la gang des « Food Crushers from hell », a fait pression sur ses sujets prémolaires pour qu’ils m’envoient un message clair, sous forme d’influx nerveux douloureux, disant que lui et ses sbires émaillés ne tolèreront pas l’établissement de nouveaux arrivants, aussi sages soient-ils.
Après quelques jours de résistance, j’ai dû céder à cette tyrannie buccale et j’ai été chercher du renfort. J’attendais donc, mon numéro à la main, que le jeune en tablier blanc avec une énorme tache de sang sur sa poitrine me témoigne de l’attention.
-Oui, quessé que j’peux faire pour toé ?
- Ben j’ai des dents qui me font souffrir. J’aimerais que vous y jetiez un coup d’oeil.
-Euh, ok, mais je connais pas grand-chose là-dedans.
- Ah, je vois. Vous, c’est plus le nettoyage suivant la visite du patient.
J’ai compris en entrant que c’était une clinique pas très chère, « Meilleur prix en ville » que ça disait dans la vitrine, à côté de l’affiche vantant une marque de salami. Ils employaient probablement des étudiants en stage.
-Y’as-tu quelqu’un qui s’y connait plus que vous ? Où est votre professeur ? J’aimerais ne pas ressembler au mec que vous avez sorti du moulin à viande, voyez-vous.
- C’est du bœuf haché. Le dentiste, c’est la porte à côté.
Je suis sorti de la boucherie, en prenant une livre de jambon venant d’une sombre forêt, et pénétré le commerce adjacent. Cela faisait près de 20 minutes que je fixais le portrait laminé d’un homme au sourire satisfait quand une dame d’une quarantaine d’années est venue me voir.
-Oui, vous avez rendez-vous ?
-Non, mais c’est une urgence, voyez-vous.
- J’vois ça, oui! J’ai un trou de 15 minutes, je peux vous prendre tout de suite.
-Ah, merci infiniment!
Je me suis donc installé sur la chaise. La dame s’est ensuite placée derrière moi et m’a vêtu d’un tablier.
-J’te fais ça comment ?
-Ben, enlève-moi ce qui pousse en arrière.
- Tu veux ça court comment?
-J’veux rien qui dépasse.
Elle a commencé par me mouiller la tête avec un vaporisateur d’eau et a commencé à me couper les cheveux avec ses ciseaux.
-Euh, j’ai vraiment mal aux dents. J’aimerais que vous commenciez par là et vous vous attarderez à ma crinière après.
-Le dentiste, c’est deux portes à côté, chose!
- Ah bon. Désolé donc.
Mais vu qu’elle avait commencé, je l’ai laissé terminer. En soupirant, elle a terminé rapidement son œuvre en me disant que j’avais maintenant un long œil. Bon, un autre problème.
Me voilà donc deux portes à côté et, comme je le disais au début, avec un contingent de chaises de la même couleur que le tapis. Finalement, un homme en sarrau blanc s’est pointé dans la salle.
-Vous avez rendez-vous ?
-Non, mais c’est une urgence.
- Et où est votre animal ?
29/08/2009
Les joies de l'air pur
Seul comme toujours, d’un coup que je gagnerais à loterie, j’avais décidé de donner congé à mes chaises de cuisine et de faire faire du temps supplémentaire à ma nappe en allant faire un pique-nique dans un endroit où les enfants sont heureux jusqu’à ce qu’il se la pète solide en tombant de la pyramide de corde d’une hauteur où il serait obligatoire, dans le domaine de la construction, de porter un casque, le parc. J’avais tout ce qu’il me fallait pour passer du bon temps, à l’exception du contenu de mon bar, de mon x-box, mes jetons de poker, ma poupée gonflable de France Castel, mon taser, mes figurines de Star Wars, mon kit de magie noire, mes DVD de la poule aux œufs d’or, bref, c’tait vraiment plate.
Nostalgique du temps où Francis Martin n’avait qu’un seul nom, je commençais à croquer dans ma soupe instantanée – instantané, le mot est trompeur puisqu’il faut ajouter de l’eau et la faire chauffer. Vous savez ce qui est vraiment instantané ? Un mal de coeur suivant une dégustation de Whiskas. Pas besoin de faire chauffer ni d’ajouter de l’eau... mais grayez-vous d’un sceau et ignorez les hallucinations de scarabée en snap pants - quand un bourdonnement agressif me rappela les cours de sexualité commandités par le sex-shop du coin. Une de ses bestioles volantes en habit de Beetlejuice jauni par une brassée de lavage mal séparé vint interrompre le cours de mon ennui.
D’un vif coup de baguette française, j’ai envoyé Maya l’abeille dans un endroit assurément plus joyeux que son émission. J’allais maintenant m’attaqué à un saucisson remplit de on-veut-pas-le-savoir, mais une démangeaison aiguë transformait rapidement mon bras en dirigeable Goodyear. Avant que j’aie pu réagir, une autre piqûre désactiva le mode sensible de mon bassin. Paralysé, j’observais avec effroi l’escadron armé en camouflage jaune et noir pénétrer mon espace aérien et attaquer mes champs de poils. Je sentais les dards trouer ma peau. Paradoxalement, je me métamorphosais en montgolfière.
À l’agonie, je revoyais ma vie passer devant mes yeux, ma naissance dans un coffre à outils chez Canadian Tire, mon adolescence marquée par l’acné et les dés à 20 faces, mon premier travail comme caddie de golf, mon deuxième comme driver... Puis une samaritaine m’a ranimée en me faisant le bouche-à-bouche. C’est que j’ai compris le sens du mot « pique-nique ».
Nostalgique du temps où Francis Martin n’avait qu’un seul nom, je commençais à croquer dans ma soupe instantanée – instantané, le mot est trompeur puisqu’il faut ajouter de l’eau et la faire chauffer. Vous savez ce qui est vraiment instantané ? Un mal de coeur suivant une dégustation de Whiskas. Pas besoin de faire chauffer ni d’ajouter de l’eau... mais grayez-vous d’un sceau et ignorez les hallucinations de scarabée en snap pants - quand un bourdonnement agressif me rappela les cours de sexualité commandités par le sex-shop du coin. Une de ses bestioles volantes en habit de Beetlejuice jauni par une brassée de lavage mal séparé vint interrompre le cours de mon ennui.
D’un vif coup de baguette française, j’ai envoyé Maya l’abeille dans un endroit assurément plus joyeux que son émission. J’allais maintenant m’attaqué à un saucisson remplit de on-veut-pas-le-savoir, mais une démangeaison aiguë transformait rapidement mon bras en dirigeable Goodyear. Avant que j’aie pu réagir, une autre piqûre désactiva le mode sensible de mon bassin. Paralysé, j’observais avec effroi l’escadron armé en camouflage jaune et noir pénétrer mon espace aérien et attaquer mes champs de poils. Je sentais les dards trouer ma peau. Paradoxalement, je me métamorphosais en montgolfière.
À l’agonie, je revoyais ma vie passer devant mes yeux, ma naissance dans un coffre à outils chez Canadian Tire, mon adolescence marquée par l’acné et les dés à 20 faces, mon premier travail comme caddie de golf, mon deuxième comme driver... Puis une samaritaine m’a ranimée en me faisant le bouche-à-bouche. C’est que j’ai compris le sens du mot « pique-nique ».
25/08/2009
Cathodicité
Seul comme toujours, vous allez rire moins fort quand avoir des amis pis une blonde ça sera plus à la mode, je me préparais un lait au chocolat en priant pour que ma cuillère ne vomisse pas dans le verre à force de tourner comme ça. Je m’apprêtais à regarder mon émission préférée jouant en simultanée sur les canaux 79 à 97 sur le câble et pas mal tous les postes si vous êtes équipés d’une antenne. Il s’agit d’une guerre sans merci vue du ciel entre les points noirs, les points blancs et les points gris. Sans peur, les combattants se rentrent dedans sans réfléchir dans une cacophonie de tchhh pendant des heures et des heures(en fait, je n’ai jamais réussi à écouter un épisode jusqu’à la fin). Il arrive même que des émissions sur les autres postes soient subitement interrompues par cette spectaculaire bataille, surtout les soirs d’orages et de tempête de neige.
En allumant mon appareil électrique de monopolisation de l’attention, je suis tombé sur une de ces compétitions par équipe d’attendage que la balle soit lancer, aussi appelé le baseball majeur. Les NY affrontaient les BOS et selon les commentateurs, on en était à la 6e manche. J’ai eu beau chercher, je ne voyais pas les cinq autres. J’ai donc conclu qu’ils les avaient jetés. Ma mère m’aurait tué si j’avais abimé autant de chandails en si peu de temps.
Au milieu du terrain, il y avait un gars sur une butte qui semblait attendre que quelqu’un vienne jouer avec lui au roi de la montagne. Il regardait devant lui, à sa gauche, à sa droite, crache à terre, renifle, mâche sa gomme, mais personne ne bougeait. Puis, un vieux bedonnant se mit à exécuter une chorégraphie digne des plus minimalistes danseurs modernes. Tour à tour, il s’est frotté successivement les épaules, s’est pogné le nez, tapoté sur ses bras et a ajusté sa casquette. Du grand art. J’ai senti la détresse de l’homme dans son mouvement de poignet.
Finalement, frustré de se faire niaiser et d’attendre que quelqu’un ne s’avance, le gars sur la butte a décidé de lancer sa balle sur un monsieur avec des bras gros comme 80 seringues de stéroïde en chemise et pantalon assorti qui swignait une mailloche de bois dans le vide sans raison apparente. Bonne stratégie, car ce dernier s’est tout de suite dirigé vers lui, en plus de tous les autres joueurs présents. Enfin, il avait du monde avec qui jouer.
En allumant mon appareil électrique de monopolisation de l’attention, je suis tombé sur une de ces compétitions par équipe d’attendage que la balle soit lancer, aussi appelé le baseball majeur. Les NY affrontaient les BOS et selon les commentateurs, on en était à la 6e manche. J’ai eu beau chercher, je ne voyais pas les cinq autres. J’ai donc conclu qu’ils les avaient jetés. Ma mère m’aurait tué si j’avais abimé autant de chandails en si peu de temps.
Au milieu du terrain, il y avait un gars sur une butte qui semblait attendre que quelqu’un vienne jouer avec lui au roi de la montagne. Il regardait devant lui, à sa gauche, à sa droite, crache à terre, renifle, mâche sa gomme, mais personne ne bougeait. Puis, un vieux bedonnant se mit à exécuter une chorégraphie digne des plus minimalistes danseurs modernes. Tour à tour, il s’est frotté successivement les épaules, s’est pogné le nez, tapoté sur ses bras et a ajusté sa casquette. Du grand art. J’ai senti la détresse de l’homme dans son mouvement de poignet.
Finalement, frustré de se faire niaiser et d’attendre que quelqu’un ne s’avance, le gars sur la butte a décidé de lancer sa balle sur un monsieur avec des bras gros comme 80 seringues de stéroïde en chemise et pantalon assorti qui swignait une mailloche de bois dans le vide sans raison apparente. Bonne stratégie, car ce dernier s’est tout de suite dirigé vers lui, en plus de tous les autres joueurs présents. Enfin, il avait du monde avec qui jouer.
23/08/2009
Un mur et son pêché
Seul comme toujours, c’est plus avantageux quand on partage un mister freeze, je déambulais dans un genre de pensionnat pour 2x4 doublé d’une pharmacie pour accroc de la perceuse, un centre de rénovation. J’y étais parce que je devais au départ planter un clou pour accrocher mon diplôme de bachelier en technologie de la nouille, mais les choses sont devenues incontrôlables. Après seulement quelques secondes, une fissure de trois mètres traversait ma cuisine et mon voisin m’ordonnait à travers le mur de reconstruire sa douche. Dire que je croyais sauver du temps avec ce marteau-piqueur.
-J’peux-tu t’aider, capitaine ? m’a demandé un homme bien en chaire, mais qui avais paradoxalement beaucoup de gras et qui, visiblement, n’avait aucune connaissance en Marine.
- Oui, j’ai besoin d’une douche-téléphone avec un câble assez long pour faire un longue distance. J’ai pas besoin du bain en attente, de la bouteille de shampoing vocale ou de robinet-conférence.
-Euh, pas d’trouble, moussaillon, ça va t’être tout?
Sans m’en rendre compte, j’avais changé de grade. Si j’avais vraiment été capitaine, j’aurais été insulté. Surtout qu’avec une paye de moussaillon, je n’aurais plus eu assez d’argent pour payer les matériaux.
-Non. J’ai aussi besoin d’un tuyau d’eau chaude et un tuyau d’eau froide, une manette C et une H. En plus, j’aurais besoin d’environ 5000 tuiles blanches et noires pour faire un motif de mots croisés, quelque chose pour faire tenir les tuiles pour pas fucké le jeu de celui qui prend sa douche et aussi deux baies vitrées comme au centre Bell sauf coupé sur le sens de l’épaisseur.
- Ok, euh, autre chose, caporal ?
Caporal ? Me voilà dans l’armée ? Est-ce que j’étais encore sur le même bateau, moi là ? J’allais attaquer l’Irak ou livrer une cargaison de Vietnamiens ? C’est ben compliqué, magasiner ici !
-Ben j’aurais besoin d’un mur.
- Comment grand ton mur, chef ?
Chef...Chef d’entreprise ? Chef cuisinier ? Chef de file ? Schefferville? Tous ses titres commençaient à me monter à la tête. Où était-ce l’odeur de mon interlocuteur, mélange suffocant de sueur et d’encre de crayon-feutre permanent dont le bouchon n’était pas refermé ?
- J’ai pas mesuré. Donne-moi du standard, là.
- Ok, t’en veux combien, des panneaux de giproc, l’gros ?
Va donc chier! j’ai pensé. Non, mais il ne s’était pas regardé comme du monde, lui ! Il y a probablement un guide Michelin à son nom !
- Non, j’veux un mur. Tsé un mur là, si tu restes pas dans rue, y’en a au moins quatre chez vous.
- Ben voyons, tu peux pas acheter un mur comme ça. Faut que tu le fasses toi-même, chummy.
Je voulais lui prouver mon amitié avec un coup de genou dans l’ventre pis un uppercut sur le menton. Je voulais même ajouter un peu d’amour sous forme de coup de pied dans les schnolles. Chummy, on dirait le nom du huitième des sept nains.
-Comment ça ? Arrête de niaiser pis donne-moi un bout de celui-là, là, disais-je en montrant un des murs du magasin et en empoignant une scie mécanique et un masque de hockey qui trainaient.
-Euh, vous faites quoi là, monsieur ?
C’est fou comme la politesse revient quand t’as l’air d’un tueur des années 80.
- Quoi tu veux le faire à la scie ronde ? Correct, mais dépêche, j’ai un diplôme qui attend d’être posé pis un voisin qui veut finir ses mots croisés.
-J’peux-tu t’aider, capitaine ? m’a demandé un homme bien en chaire, mais qui avais paradoxalement beaucoup de gras et qui, visiblement, n’avait aucune connaissance en Marine.
- Oui, j’ai besoin d’une douche-téléphone avec un câble assez long pour faire un longue distance. J’ai pas besoin du bain en attente, de la bouteille de shampoing vocale ou de robinet-conférence.
-Euh, pas d’trouble, moussaillon, ça va t’être tout?
Sans m’en rendre compte, j’avais changé de grade. Si j’avais vraiment été capitaine, j’aurais été insulté. Surtout qu’avec une paye de moussaillon, je n’aurais plus eu assez d’argent pour payer les matériaux.
-Non. J’ai aussi besoin d’un tuyau d’eau chaude et un tuyau d’eau froide, une manette C et une H. En plus, j’aurais besoin d’environ 5000 tuiles blanches et noires pour faire un motif de mots croisés, quelque chose pour faire tenir les tuiles pour pas fucké le jeu de celui qui prend sa douche et aussi deux baies vitrées comme au centre Bell sauf coupé sur le sens de l’épaisseur.
- Ok, euh, autre chose, caporal ?
Caporal ? Me voilà dans l’armée ? Est-ce que j’étais encore sur le même bateau, moi là ? J’allais attaquer l’Irak ou livrer une cargaison de Vietnamiens ? C’est ben compliqué, magasiner ici !
-Ben j’aurais besoin d’un mur.
- Comment grand ton mur, chef ?
Chef...Chef d’entreprise ? Chef cuisinier ? Chef de file ? Schefferville? Tous ses titres commençaient à me monter à la tête. Où était-ce l’odeur de mon interlocuteur, mélange suffocant de sueur et d’encre de crayon-feutre permanent dont le bouchon n’était pas refermé ?
- J’ai pas mesuré. Donne-moi du standard, là.
- Ok, t’en veux combien, des panneaux de giproc, l’gros ?
Va donc chier! j’ai pensé. Non, mais il ne s’était pas regardé comme du monde, lui ! Il y a probablement un guide Michelin à son nom !
- Non, j’veux un mur. Tsé un mur là, si tu restes pas dans rue, y’en a au moins quatre chez vous.
- Ben voyons, tu peux pas acheter un mur comme ça. Faut que tu le fasses toi-même, chummy.
Je voulais lui prouver mon amitié avec un coup de genou dans l’ventre pis un uppercut sur le menton. Je voulais même ajouter un peu d’amour sous forme de coup de pied dans les schnolles. Chummy, on dirait le nom du huitième des sept nains.
-Comment ça ? Arrête de niaiser pis donne-moi un bout de celui-là, là, disais-je en montrant un des murs du magasin et en empoignant une scie mécanique et un masque de hockey qui trainaient.
-Euh, vous faites quoi là, monsieur ?
C’est fou comme la politesse revient quand t’as l’air d’un tueur des années 80.
- Quoi tu veux le faire à la scie ronde ? Correct, mais dépêche, j’ai un diplôme qui attend d’être posé pis un voisin qui veut finir ses mots croisés.
18/08/2009
Dermocratie
Seul comme toujours, puisque le canal météo ne s’écoute pas en gang, je prenais tranquillement sur la terrasse, au bistro du coin, une tasse de ce liquide chaud goutant l’iniquité; ce liquide de couleur noir sans vraiment l’être, donc noir comme un Black; ce liquide qui permet aux animateurs d’émissions du matin de ne pas pogner le fixe sur la lumière rouge de la caméra, bref un esti de café.
Soudain, à la table d’à côté, j’ai saisi, entre deux effluves de parfum cheap, une bribe de discussion à saveur politique :
-Ouin mon Gilles, on va p’t-être aller en élection c’t automne.
- Ben moé Gérard, c’est clair que m’a voter bleu. Toé ?
- Rouge ou orange, je sais pas encore, j’suis pas très bleu, encore moins bleu foncé.
J’ai bien failli m’étouffer dans ma tasse de faux noir. Quoi, me disais-je, on vote pour des couleurs maintenant ? L’homme ne peut plus se gouverner lui-même ? Nos partis politiques sont devenus si poches qu’une couleur fait plus la job ? Mettons que j’aime le bleu et le rouge, je peux-tu voter mauve ?
-Encore pogné pour aller voter. Maudit que j’haïs ça! On y a été l’an passé me semble.
-Je l’sais Gérard, moé aussi ça me fait chier. Quesse tu veux, c’est ça la demi...euh la dino... thermo...la chose là.
-La dermocratie, Gilles, dermocratie.
Dermocratie... J’avais soudainement envie de me gratter. Faut pas se leurrer, ce système est la dictature de l’urne. Sans nous demander notre avis, elle nous convoque sans qu’on le veuille dans un local que nous n’avons pas décidé, et ce, à des heures que nous n’avons pas déterminées pour obligatoirement dessiner soit un x, un -, un +, un √ ou ben barbouiller dans un p’tit cercle sans trop dépasser devant le nom d’un candidat que nous n’avons pas choisi pour l’être. Après, elle va dire que le peuple a décidé d’élire un tel quand au départ, le peuple ne décide de rien.
-Toi Gilles, t’aimerais ça qu’y aille un 3e référendum ?
- Bah tsé, si je demande à une fille de coucher avec moi pis qu’a dit non deux fois, la troisième c’est considéré comme du harcèlement. Mais si la deuxième fois, la fille hésite pas mal, j’y paye un autre drink pis je me réessaye plus tard, tsé. Faut être stratégique dans vie.
- Facque t’aimerais ça, c’est ça ?
- Ça dépend de quoi la fille a l’air.
En dermocratie, 50%+1 du monde peut décider pour 50%-1 des autres. C’est pas ben le fun. Donc, l’urne a décidé qu’il faudrait une majorité claire, ce que personne ne sait de quoi ça l’air. Ce qu’on sait, c’est qu’un oui à 50%+1 est toujours moins clair qu’un non à 50%-1.
Là, ça commençait à m’irriter pas mal. La dermocratie, ça pique quand t’aimes pas ça. J’ai pris le journal pour oublier mon mal. J’aime particulièrement la section « mot du jour ». Aujourd’hui c’était « démocratie ». Quessé ça ?
Soudain, à la table d’à côté, j’ai saisi, entre deux effluves de parfum cheap, une bribe de discussion à saveur politique :
-Ouin mon Gilles, on va p’t-être aller en élection c’t automne.
- Ben moé Gérard, c’est clair que m’a voter bleu. Toé ?
- Rouge ou orange, je sais pas encore, j’suis pas très bleu, encore moins bleu foncé.
J’ai bien failli m’étouffer dans ma tasse de faux noir. Quoi, me disais-je, on vote pour des couleurs maintenant ? L’homme ne peut plus se gouverner lui-même ? Nos partis politiques sont devenus si poches qu’une couleur fait plus la job ? Mettons que j’aime le bleu et le rouge, je peux-tu voter mauve ?
-Encore pogné pour aller voter. Maudit que j’haïs ça! On y a été l’an passé me semble.
-Je l’sais Gérard, moé aussi ça me fait chier. Quesse tu veux, c’est ça la demi...euh la dino... thermo...la chose là.
-La dermocratie, Gilles, dermocratie.
Dermocratie... J’avais soudainement envie de me gratter. Faut pas se leurrer, ce système est la dictature de l’urne. Sans nous demander notre avis, elle nous convoque sans qu’on le veuille dans un local que nous n’avons pas décidé, et ce, à des heures que nous n’avons pas déterminées pour obligatoirement dessiner soit un x, un -, un +, un √ ou ben barbouiller dans un p’tit cercle sans trop dépasser devant le nom d’un candidat que nous n’avons pas choisi pour l’être. Après, elle va dire que le peuple a décidé d’élire un tel quand au départ, le peuple ne décide de rien.
-Toi Gilles, t’aimerais ça qu’y aille un 3e référendum ?
- Bah tsé, si je demande à une fille de coucher avec moi pis qu’a dit non deux fois, la troisième c’est considéré comme du harcèlement. Mais si la deuxième fois, la fille hésite pas mal, j’y paye un autre drink pis je me réessaye plus tard, tsé. Faut être stratégique dans vie.
- Facque t’aimerais ça, c’est ça ?
- Ça dépend de quoi la fille a l’air.
En dermocratie, 50%+1 du monde peut décider pour 50%-1 des autres. C’est pas ben le fun. Donc, l’urne a décidé qu’il faudrait une majorité claire, ce que personne ne sait de quoi ça l’air. Ce qu’on sait, c’est qu’un oui à 50%+1 est toujours moins clair qu’un non à 50%-1.
Là, ça commençait à m’irriter pas mal. La dermocratie, ça pique quand t’aimes pas ça. J’ai pris le journal pour oublier mon mal. J’aime particulièrement la section « mot du jour ». Aujourd’hui c’était « démocratie ». Quessé ça ?
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