09/09/2009

Ça reste dans la famille

Seul comme toujours, vous voyez ce que ça donne être deux à « 2 filles le matin »! je déambulais sur le chemin me menant à un enclos pour progéniture de parents occupés. Je devais aller chercher le rejeton de ma sœur monoparentale, seul héritier d’une dette de 75000 piasses. Quand j’ai franchi la porte du CPE, centre pour population enfantine, du nom de « CPE les joyeux pirates », je m’attendais à voir une gang de kids saouls mort autour d’un coffre au trésor, mais je me trompais. C’étais pire.
Tout d’abord, j’ai été accueilli par une fillette qui braillait parce que son ami voulait pas jouer avec elle. Taboère, va trouver la vie va être dure si elle braille déjà pour ça. Puis une femme au sourire qui devait réfléchir dans le noir m’a accosté avec une bonne humeur agressante comme celle d’un DJ de bar de danseuses.
-Bonjour! Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- Ben j’aurais un mur à refaire, mais j’pas sûr que vous êtes qualifié pour ça. Je viens chercher Célestin.
Ma sœur est hypocondriaque. Elle a donc donné à son fils un nom de médicament.
- Le p’tit Célestin Caron. C’est un bel enfant que vous avez.
- C’est pas à moi. Je rends service à ma sœur qui est à l’hôpital parce qu’elle croit avoir le syndrome de Stendahl. (définition ici)
- Ah, c’est grave ça ?
- Non, c’est comme une overdose de musée. Il est où Célestin ?
- Il est dans la cour. Venez avec moi.
J’ai traversé un couloir rempli d’avertissement de gastro, d’interdiction d’apporter des noix due aux allergies, de sensibilisation à la propreté pour ne pas propager de virus. C’était très angoissant. Je me serais senti plus en sécurité sur un champ de mines en Irak pendant un bombardement. Le cuisinier portait d’ailleurs un filet sur la tête parce qu’il devait avoir peur que ses cheveux partent en courant.
Dans la cour, j’ai cherché du regard un enfant avec un casque de hockey greffé sur son crâne et relié par GPS à un satellite. Ma sœur est du genre à prévoir le pire. Quand il m’a vu, il a fait pipi par terre et s’est mis en boule. Il se rappelait probablement de la fois où, en plein centre d’achat, j’ai arraché le cœur du Père Noël dans sa face pour lui prouvé qu’il en avait un grand. Ç’a comme créé un petit malaise entre nous deux.
-Viens Célestin, lui dis-je gentiment. On va aller chez moi en attendant que ta mère revienne.
Là, il s’est mis à hurler, probablement à cause de la fois à Paques où, pour le surprendre, je me suis déguisé en Zombie avec une fausse hache de plantée dans la tête. Je mêle un peu les fêtes voyez-vous.
L’éducatrice m’a regardé en riant. Un enfant hurle au meurtre et elle rit. J’avais envie de prouver aux enfants qu’elle n’avait pas de cœur, mais j’étais un peu en retard.
-Ah, il doit être fatigué.
Peut-être en effet. Pour l’aider à dormir, je lui ai fait la prise du sommeil. Y pourra pas dire que j’essaie pas de retisser les liens entre nous!

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