25/08/2009

Cathodicité

Seul comme toujours, vous allez rire moins fort quand avoir des amis pis une blonde ça sera plus à la mode, je me préparais un lait au chocolat en priant pour que ma cuillère ne vomisse pas dans le verre à force de tourner comme ça. Je m’apprêtais à regarder mon émission préférée jouant en simultanée sur les canaux 79 à 97 sur le câble et pas mal tous les postes si vous êtes équipés d’une antenne. Il s’agit d’une guerre sans merci vue du ciel entre les points noirs, les points blancs et les points gris. Sans peur, les combattants se rentrent dedans sans réfléchir dans une cacophonie de tchhh pendant des heures et des heures(en fait, je n’ai jamais réussi à écouter un épisode jusqu’à la fin). Il arrive même que des émissions sur les autres postes soient subitement interrompues par cette spectaculaire bataille, surtout les soirs d’orages et de tempête de neige.
En allumant mon appareil électrique de monopolisation de l’attention, je suis tombé sur une de ces compétitions par équipe d’attendage que la balle soit lancer, aussi appelé le baseball majeur. Les NY affrontaient les BOS et selon les commentateurs, on en était à la 6e manche. J’ai eu beau chercher, je ne voyais pas les cinq autres. J’ai donc conclu qu’ils les avaient jetés. Ma mère m’aurait tué si j’avais abimé autant de chandails en si peu de temps.
Au milieu du terrain, il y avait un gars sur une butte qui semblait attendre que quelqu’un vienne jouer avec lui au roi de la montagne. Il regardait devant lui, à sa gauche, à sa droite, crache à terre, renifle, mâche sa gomme, mais personne ne bougeait. Puis, un vieux bedonnant se mit à exécuter une chorégraphie digne des plus minimalistes danseurs modernes. Tour à tour, il s’est frotté successivement les épaules, s’est pogné le nez, tapoté sur ses bras et a ajusté sa casquette. Du grand art. J’ai senti la détresse de l’homme dans son mouvement de poignet.
Finalement, frustré de se faire niaiser et d’attendre que quelqu’un ne s’avance, le gars sur la butte a décidé de lancer sa balle sur un monsieur avec des bras gros comme 80 seringues de stéroïde en chemise et pantalon assorti qui swignait une mailloche de bois dans le vide sans raison apparente. Bonne stratégie, car ce dernier s’est tout de suite dirigé vers lui, en plus de tous les autres joueurs présents. Enfin, il avait du monde avec qui jouer.

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