Seul comme toujours, d’un coup que je gagnerais à loterie, j’avais décidé de donner congé à mes chaises de cuisine et de faire faire du temps supplémentaire à ma nappe en allant faire un pique-nique dans un endroit où les enfants sont heureux jusqu’à ce qu’il se la pète solide en tombant de la pyramide de corde d’une hauteur où il serait obligatoire, dans le domaine de la construction, de porter un casque, le parc. J’avais tout ce qu’il me fallait pour passer du bon temps, à l’exception du contenu de mon bar, de mon x-box, mes jetons de poker, ma poupée gonflable de France Castel, mon taser, mes figurines de Star Wars, mon kit de magie noire, mes DVD de la poule aux œufs d’or, bref, c’tait vraiment plate.
Nostalgique du temps où Francis Martin n’avait qu’un seul nom, je commençais à croquer dans ma soupe instantanée – instantané, le mot est trompeur puisqu’il faut ajouter de l’eau et la faire chauffer. Vous savez ce qui est vraiment instantané ? Un mal de coeur suivant une dégustation de Whiskas. Pas besoin de faire chauffer ni d’ajouter de l’eau... mais grayez-vous d’un sceau et ignorez les hallucinations de scarabée en snap pants - quand un bourdonnement agressif me rappela les cours de sexualité commandités par le sex-shop du coin. Une de ses bestioles volantes en habit de Beetlejuice jauni par une brassée de lavage mal séparé vint interrompre le cours de mon ennui.
D’un vif coup de baguette française, j’ai envoyé Maya l’abeille dans un endroit assurément plus joyeux que son émission. J’allais maintenant m’attaqué à un saucisson remplit de on-veut-pas-le-savoir, mais une démangeaison aiguë transformait rapidement mon bras en dirigeable Goodyear. Avant que j’aie pu réagir, une autre piqûre désactiva le mode sensible de mon bassin. Paralysé, j’observais avec effroi l’escadron armé en camouflage jaune et noir pénétrer mon espace aérien et attaquer mes champs de poils. Je sentais les dards trouer ma peau. Paradoxalement, je me métamorphosais en montgolfière.
À l’agonie, je revoyais ma vie passer devant mes yeux, ma naissance dans un coffre à outils chez Canadian Tire, mon adolescence marquée par l’acné et les dés à 20 faces, mon premier travail comme caddie de golf, mon deuxième comme driver... Puis une samaritaine m’a ranimée en me faisant le bouche-à-bouche. C’est que j’ai compris le sens du mot « pique-nique ».
29/08/2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire