23/08/2009

Un mur et son pêché

Seul comme toujours, c’est plus avantageux quand on partage un mister freeze, je déambulais dans un genre de pensionnat pour 2x4 doublé d’une pharmacie pour accroc de la perceuse, un centre de rénovation. J’y étais parce que je devais au départ planter un clou pour accrocher mon diplôme de bachelier en technologie de la nouille, mais les choses sont devenues incontrôlables. Après seulement quelques secondes, une fissure de trois mètres traversait ma cuisine et mon voisin m’ordonnait à travers le mur de reconstruire sa douche. Dire que je croyais sauver du temps avec ce marteau-piqueur.

-J’peux-tu t’aider, capitaine ? m’a demandé un homme bien en chaire, mais qui avais paradoxalement beaucoup de gras et qui, visiblement, n’avait aucune connaissance en Marine.
- Oui, j’ai besoin d’une douche-téléphone avec un câble assez long pour faire un longue distance. J’ai pas besoin du bain en attente, de la bouteille de shampoing vocale ou de robinet-conférence.
-Euh, pas d’trouble, moussaillon, ça va t’être tout?

Sans m’en rendre compte, j’avais changé de grade. Si j’avais vraiment été capitaine, j’aurais été insulté. Surtout qu’avec une paye de moussaillon, je n’aurais plus eu assez d’argent pour payer les matériaux.

-Non. J’ai aussi besoin d’un tuyau d’eau chaude et un tuyau d’eau froide, une manette C et une H. En plus, j’aurais besoin d’environ 5000 tuiles blanches et noires pour faire un motif de mots croisés, quelque chose pour faire tenir les tuiles pour pas fucké le jeu de celui qui prend sa douche et aussi deux baies vitrées comme au centre Bell sauf coupé sur le sens de l’épaisseur.
- Ok, euh, autre chose, caporal ?

Caporal ? Me voilà dans l’armée ? Est-ce que j’étais encore sur le même bateau, moi là ? J’allais attaquer l’Irak ou livrer une cargaison de Vietnamiens ? C’est ben compliqué, magasiner ici !

-Ben j’aurais besoin d’un mur.
- Comment grand ton mur, chef ?

Chef...Chef d’entreprise ? Chef cuisinier ? Chef de file ? Schefferville? Tous ses titres commençaient à me monter à la tête. Où était-ce l’odeur de mon interlocuteur, mélange suffocant de sueur et d’encre de crayon-feutre permanent dont le bouchon n’était pas refermé ?

- J’ai pas mesuré. Donne-moi du standard, là.
- Ok, t’en veux combien, des panneaux de giproc, l’gros ?

Va donc chier! j’ai pensé. Non, mais il ne s’était pas regardé comme du monde, lui ! Il y a probablement un guide Michelin à son nom !

- Non, j’veux un mur. Tsé un mur là, si tu restes pas dans rue, y’en a au moins quatre chez vous.
- Ben voyons, tu peux pas acheter un mur comme ça. Faut que tu le fasses toi-même, chummy.

Je voulais lui prouver mon amitié avec un coup de genou dans l’ventre pis un uppercut sur le menton. Je voulais même ajouter un peu d’amour sous forme de coup de pied dans les schnolles. Chummy, on dirait le nom du huitième des sept nains.

-Comment ça ? Arrête de niaiser pis donne-moi un bout de celui-là, là, disais-je en montrant un des murs du magasin et en empoignant une scie mécanique et un masque de hockey qui trainaient.
-Euh, vous faites quoi là, monsieur ?

C’est fou comme la politesse revient quand t’as l’air d’un tueur des années 80.

- Quoi tu veux le faire à la scie ronde ? Correct, mais dépêche, j’ai un diplôme qui attend d’être posé pis un voisin qui veut finir ses mots croisés.

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