Seul comme toujours, parce que c’est d’même pis je n’ai pas à justifier ça, je déambulais dans un de ces lieux de perdition pour les junkies de la facture, les accrocs du pitchage de change dans les fontaines et les essayeux de linge en série, bref un centre d’achat. Entre les faux arbres et les vraies poubelles, j’avais la nostalgie des cendriers remplie de sables gris, qui ne donnait pas du tout envie d’y planter un parasol. Ils étaient pourtant pratiques pour déposer les grosses gommes qui ne goutaient plus rien après trois coups de dent.
L’air conditionné de l’endroit me rendait nerveux. Chaque fois qu’une fille passait près de moi, je devais faire un effort pour ne pas m’empaler sur leur poitrine. Je mis donc à ramper. Ça marchait très bien, j’ai réussi à faire le tour du coin-restaurant juste sur une gosse, mais le personnel d’entretien ne trouvait pas drôle que je fasse leur boulot. J’avais beau leur expliquer que là n’était pas mon but, que je ne voulais que circuler en toute sécurité, mais l’un d’eux m’a bien fait comprendre grâce aux saveurs mélangées de sa serpillère et un voyage olfactif dans son porte-poussière que je devais faire comme les autres et marcher sur mes pieds. J’ai hurlé au conformisme, rien ne fit, il était toujours aussi vexé.
Penaud, j’ai jeté le contenu d’un trio whopper sur le sol pour me faire pardonner. Il n’a pas accepté mes excuses à 6,95$ et m’a menacé d’appeler un certain Paul Isse, que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam ni d'aucuns autre apôtre. Ignorant la rage de mon assaillant amant de la Parisienne, je me suis dirigé dans un magasin où on ne vendait que du vent, une boutique de ventilateur.
Une spécialiste dans le domaine de l’hélice en cage m’accueillit avec stupeur et tremblement. Ce n’était pas à cause ma barbe de 18 mois connectant avec mon poil de poitrine ou mon t-shirt avec une phrase sexuelle désopilante qui a malheureusement disparu au lavage, mais simplement le livre d’Amélie Nothomb qu’elle lisait. Cela me dérangeait quelque peu, le professionnalisme étant une qualité que je recherche chez une femme. J’ai alors attiré son attention pour lui poser une question : est-ce que le modèle « Blowing Like a Fucking Tornado » est meilleur que le « Souffle comme une esti de tornade » ou c’est la même chose ?
Elle répondit qu’elle devait vérifier dans son livre, mais je lui fis remarquer qu’Amélie Nothomb ne connait rien en ventilateur. Après quelques heures de tergiversation, j’ai décidé d’y aller avec un modèle plus petit, le «Fait juste t’attacher pis tu va être correct », en solde au dixième du prix. Une aubaine. Mais quand j’ai voulu l’acheter, je m’aperçus que le magasin était fermé et que j’étais emprisonné. Puis un certain Paul Isse m’a ordonné de ne pas bouger.
06/08/2009
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C'est drôle que tu fasses références à Ni d'Éve, ni d'Adam, je me suis acheté ce livre hier....J,aime bien ta phrase "Des faux arbres et des vraies poubelles...."
RépondreSupprimerciao, dit allô aux Moquettes! et on se revoit en Alberta....