12/08/2009

Moi, zoo pu!

Seul comme toujours, parce que comme ça une pizza x-large me dure au moins deux repas, je déambulais dans un drôle de pays. Une contrée à la faune exotique, sauvage et dispatché en enclos entre des kiosques à toutous hors de prix et des machines distributrices pratiquant l’extorsion aux sus et vus de tous, le zoo de Granby. Avant de passer les douanes, j’avais laissé ma voiture dans le stationnement en faisant attention de ne pas la laisser près de l’enclos de lions, car je n’avais aucune envie qu’ils dévorent mon Impala.
Pour entrer sur le territoire, je devais me départir de 33 dollars, en échange de quoi l’on m’a donné 1) un bracelet de papier tout sauf à la mode, 2) une carte routière qui ne montre même pas où sont les différents hôtels et 3) l’impression d’avoir payé très cher pour un bracelet et une carte. Ils m’ont même empêché d’entrer avec mon fusil de chasse, même si je leur disais que j’allais bien faire attention de ne tirer que sur les animaux.
J’arrivais donc devant l’enclos des mammouths, qui se prononce « Éléphant » en langue zoodegranbyenne. Et là, l’horreur m’y attendait sous une forme saugrenue. Une horde de kodaks armé jusqu’au flash avait pris en otage un groupe de nomades en autobus voyageur et leur faisait prendre des photos à la chaîne. Ils ne cessaient d’exiger plus de clichés dans plus d’angles différents et de profondeur de champ, le tout sous un implacable tonnerre de « Clic!» intransigeant.
Caché derrière un banc de parc à l’état sauvage, je cherchais le bon moment pour libérer ce groupe réduit à l’esclavage photographique quand la pluie a réduit au silence les terroristes de la lentille, leurs otages en profitant pour courir chercher protection et réconfort dans de la barbe à papa en vente sous la hutte de faux bambou la plus proche.
Le danger écarté, je suis sorti de ma cachette et pris la direction d’un autre enclos, là où il était possible de faire un tour de chameau sans qu’un Bédouin essaie de vous l’échanger contre votre femme. Une file de gens attendaient sous la pluie leur chance de s’asseoir entre deux poches de graisses. Un peu plus loin, il y avait l‘enclos des hippopotames. Pourquoi un chameau et pas un hippo ? En plus, personne n’y faisait la file. Voilà une occasion que je ne pouvais laisser aller, moi qui avais toujours rêvé de chevaucher une obèse morbide.
J’ai donc enjambé la rambarde, me suis déshabillé et j’ai nagé doucement vers eux en faisant attention de ne pas les effrayer avec mon speedo léopard. Pas de chance, ils dormaient. En plus, il n’y avait pas de selle, d’étrier ou quoi que ce soit pour permettre de faire un banal tour d’hippopotame. Frustré, je suis revenu sur mes vagues et j’ai tout de suite cherché mon ambassade sur la carte. Checkez ben la plainte à l’ONU vous autres.

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